Le camping ferme le 15 septembre. Du moins, c'est ce que m'a annoncé le gérant du camping où je plante ma tente chaque année depuis un moment, la première fois que je lui ai demandé si je pouvais rester jusqu'à la Toussaint. Il a fini par céder. Et franchement, camper en automne, c'est devenu mon moment préféré de l'année. Les activités en plein air à faire en camping en automne n'ont rien à voir avec la version estivale : elles sont plus calmes, plus courtes, et souvent bien meilleures.
Voilà pourquoi je vous écris cet article depuis une table de pique-nique, une veste polaire sur le dos et un thermos de café à moitié vide. Il est tôt, il fait 6 degrés, et la brume n'a pas encore levé sur l'étang.
Points clés à retenir
- La fenêtre idéale pour camper s'étale de mi-septembre à début novembre, avant que les campings ne ferment réellement.
- Certaines activités sont excellentes toute la saison (randonnée, feu de camp, observation des étoiles), d'autres ont une fenêtre très courte (cueillette de champignons, kayak).
- L'équipement change tout : un duvet d'été vous fera abandonner la première nuit froide.
- Le repli sous tente par mauvais temps se prépare. Sinon, vous finissez la journée à jouer aux cartes en grelottant.
- La cueillette de champignons obéit à des règles locales précises, et beaucoup de gens les ignorent.
Pourquoi l'automne change la donne des activités en camping
Le premier week-end d'octobre dernier, j'ai compté douze personnes sur le sentier du lac. En août, il y en avait quatre-vingts. Cette différence-là, vous la sentez tout de suite : vous marchez à votre rythme, vous n'attendez pas votre tour au point de vue, vous entendez autre chose que des conversations.
Il y a un revers, évidemment. Les jours raccourcissent vite : en octobre, la nuit tombe souvent avant 19 h, contre 21 h 30 en plein été. Concrètement, ça veut dire que vos activités de plein air se concentrent sur une fenêtre de six à huit heures, pas sur une journée entière. Et là, on prépare ses journées différemment.
La saisonnalité, activité par activité
Beaucoup de listes d'automne mélangent tout et ressortent la même chose qu'en juillet. Sauf que la baignade en rivière en novembre, franchement, non. Voici comment je vois les fenêtres réelles, selon mon expérience sur le terrain :
- Septembre : encore chaud, parfait pour la randonnée, le vélo, la baignade pour les plus courageux.
- Mi-octobre à début novembre : le pic des couleurs, la meilleure période pour la photo et la cueillette.
- Novembre : les champignons se raréfient, les feuilles tombent, on passe à l'observation de la faune et aux soirées longues autour du feu.
Retenez surtout ceci : la cueillette de champignons, c'est une fenêtre courte, souvent de trois à quatre semaines, et elle dépend de la pluie. Une année sèche, il n'y a rien à ramasser. J'ai fait le déplacement pour rien deux automnes de suite avant de comprendre ça.
Quelles activités sont réellement praticables en automne ?
La randonnée reste la base. Mais l'automne vous offre des conditions qu'aucune autre saison ne donne : les sentiers sont secs après les pluies d'aout, les insectes ont disparu, et vous ne transpirez pas au bout de dix minutes.
Randos, vélo et le cas du kayak
Pour la randonnée et le vélo, aucune limite : c'est praticable jusqu'aux premières neiges. Le kayak, lui, mérite une nuance. Tant que l'eau reste au-dessus de 15 degrés, ça passe. En dessous, une chute peut devenir un vrai problème, parce que l'hypothermie s'installe beaucoup plus vite qu'on ne le croit. Je le déconseille à partir de mi-octobre si vous n'avez pas d'équipement adapté.
La cueillette de champignons : mon meilleur et mon pire souvenir
Le meilleur : une matinée de fin octobre où je suis rentré avec un panier plein, cèpes et trompettes, cuisinés le soir sur le réchaud. Le pire : une année où je suis parti trop tard, après que le premier gel était passé. Panier vide, doigts gelés.
Et il y a la partie que personne ne mentionne. La cueillette est réglementée. Dans beaucoup de forêts domaniales françaises, vous n'avez le droit de prélever qu'une petite quantité pour votre consommation personnelle, souvent autour de quelques kilos, et la règle varie selon le département et le propriétaire du terrain. En forêt privée, sans autorisation, c'est du vol. Renseignez-vous auprès de l'office de tourisme ou de l'ONF local avant de partir, parce que les amendes existent et elles ne sont pas symboliques.
Équipement et sécurité : ce qui fait la différence
Mon erreur la plus coûteuse, ça a été le duvet. Première nuit d'octobre sous tente, je m'étais dit que mon sac trois saisons ferait l'affaire. J'ai passé la nuit à me recroqueviller et je suis parti au petit matin acheter un vrai duvet, indice de confort autour de 0 degré. Leçon apprise.
Le duvet, la condensation, le chauffage
- Duvet : visez un indice de confort autour de 0 °C pour un camping d'automne, plus bas si vous montez en altitude.
- Condensation : le problème n°1. Aérez votre tente au maximum, même s'il fait froid. Sinon, le matin, tout est humide.
- Chauffage de tente : à éviter absolument. Les chauffages à combustion en espace fermé, c'est un risque d'intoxication au monoxyde de carbone. Une bouillotte et un bon duvet suffisent.
Sur vous, prévoyez le système des trois couches : une couche de base qui évacue la transpiration, une couche isolante, une couche coupe-vent. C'est ce qui vous permettra de rester dehors le soir sans rentrer au bout d'une heure.
Que faire quand il pleut en camping ?
Il pleuvra. C'est une certitude statistique sur une semaine d'automne. La question n'est pas d'éviter la pluie, mais d'avoir un plan B qui ne se résume pas à attendre.
Les activités de repli qui marchent vraiment
- Un jeu de cartes ou de société, mais prévoyez-le à l'avance, pas au moment où l'ennui arrive.
- L'observation de la faune depuis l'abri : sous la pluie, les animaux se déplacent plus, et un affût discret donne souvent de meilleurs résultats qu'en plein soleil.
- L'astronomie, dès que le ciel se dégage : les nuits d'automne sont plus longues et souvent plus claires qu'en été.
- La lecture. Ça paraît bête, mais c'est la seule activité qui ne demande aucune préparation.
Comparaison : été contre automne
Pour visualiser ce qui change concrètement, voici un tableau que j'aurais aimé avoir avant ma première saison automnale.
| Activité | Été | Automne |
|---|---|---|
| Randonnée | Possible, souvent trop chaud | Idéal, températures douces |
| Baignade | Agréable | À oublier dès octobre |
| Feu de camp | Sympa mais tardif | Le vrai moment de la journée |
| Cueillette | Sans intérêt | Fenêtre courte mais précieuse |
| Kayak | Parfait | Déconseillé à partir de mi-octobre |
| Observation des étoiles | Nuits courtes | Nuits longues, ciel souvent dégagé |
Le feu de camp, d'ailleurs, mérite sa propre remarque. C'est l'activité qui change le plus de nature en automne. En été, on le fait tard, à moitié endormi. En automne, il devient le centre de la soirée, avec les guimauves et une tisane qui ne servent pas juste de décor. Vérifiez simplement que le camping ou la commune l'autorise : en période sèche, les feux sont souvent interdits, même en automne.
Ce que personne ne vous dit sur le camping tardif
Un détail que je n'avais pas anticipé : beaucoup de campings réduisent leurs services à partir de fin septembre. La piscine ferme, la supérette passe en horaires réduits, parfois les sanitaires chauffés s'arrêtent. Ce n'est pas dramatique, mais ça change l'organisation : vous cuisinez plus vous-même et vous prévoyez vos approvisionnements en conséquence.
Côté tarif, le calme a un prix, et il est à votre avantage : hors saison, les emplacements coûtent souvent bien moins cher qu'en juillet. J'ai payé mon emplacement une fraction du prix estival sur plusieurs séjours. Le vrai luxe, ce n'est pas le prix, c'est le silence.
L'automne vous demande juste d'accepter une chose : que la journée soit plus courte, plus lente, et que vous ne ferez pas tout ce que vous aviez prévu. C'est précisément ce qui rend ces activités meilleures qu'en été. La prochaine fois que vous verrez un camping afficher "fermeture le 15 septembre", demandez s'il reste ouvert après. On m'a dit non, une fois. Puis oui.